lundi 3 mars 2014

Rencontre avec Marie Perron

Si vous suivez ce blog régulièrement, il y a fort à parier que vous vous intéressez à la mode (ou alors que vous faites partie de ma famille...). 
Sans doute, lisez-vous également d'autres blogs, auquel cas, vous aurez remarqué que la fashion week a lieu en ce moment à Paris.


Alors plutôt que de vous laisser vous abreuver des photos de défilés des blogueuses qui ont rarement plus à en dire qu'un "oh là là, mais c'est trop joli" en attendant que la marque leur prête des vêtements pour leur prochain post, j'avais envie de vous faire partager l'avis de quelqu'un qui pratique et décrypte la mode depuis bien avant que les blogueuses n'aient posté leur premier look.

Connaissez-vous Marie Perron?
Cette artiste qui officie depuis plus de 20 ans dans le milieu de la mode, et plus particulièrement pour des magazines comme Jalouse, Cosmopolitain, Elle (et j’en passe…) a un métier passionnant: elle est illustratrice.
Son trait noir si reconnaissable, ses silhouettes girly et toujours bien habillées (elle ne peut s’empêcher de dessiner des filles “stylées”) et son regard affuté sur la mode font de Marie Perron une personnalité marquante de la mode Parisienne.

Avant Noël, dans le cadre de ma collaboration au blog de Benetton,  j'ai fait un article sur son livre "My Fashion Coloriages"(100 pièces de modes à colorier soit même), sorti chez Hachette en novembre, et à cette occasion, j'ai pu m'entretenir avec elle et lui poser quelques questions afin de connaître son avis sur la mode. 









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Dans une interview de toi, j’ai vu que tu aimais que les filles que tu dessines soient bien habillées.

C’est quoi pour toi être bien habillée ?



Être bien habillée c’est avoir de l’allure.

Avoir compris ce qui nous va, tout en explorant, jusqu’aux limites, la nouveauté.

Le truc est de savoir où se trouve la limite.

Faire le bon choix de mode, de couleurs de style de matières, comme, au départ le créateur de mode.

C’est posséder le goût et une certaine audace pour assortir ses vêtements.



Tu es plutôt du genre à craquer pour la mode tendance et jetable ou tu mises sur des intemporels ?



Là aussi je dirais qu’il faut capter la fantaisie du dernier cri, tout en ayant la connaissance, la culture et les références de l’élégance passée.



Quelle est la tendance qui  te marque le plus en ce moment ?



J’adore que les couleurs ne soient plus un problème à l’harmonie.

Cette nouvelle façon de mixer des couleurs me fait très plaisir. De nouveaux codes se sont mis en place, bien sûr, mais on a une impression d’une plus grande liberté.



Quel est THE truc à avoir cette saison?



J’en ai deux : Une robe Valentino. Ou un sweat MSGM.






Comment représenterais-tu la fille 2014 ?



En dessin ? Elle est sur toutes les pages de mon livre de coloriage « my fashion coloriages ».





Comment trouves-tu que la mode a évolué depuis tes débuts ?



Oui elle a évolué, mais pas tant que ça, il y a cet éternel retour. Ce qui adolescente me faisait flasher, me fascine toujours : Le fluo, la dentelle, le glitter, les tricots handmade, les cropped sweats shirt … j’ai aujourd’hui des coups de cœur pour des nouvelles matières brillantes et miroitantes. La nouveauté radicale comme la structure et la coupe des vêtements ne s’impose en fin de compte que très lentement dans la rue. Et l’on continue de porter simplement et indéfiniment un jean avec un pull. (Mais pas n’importe lesquels)





Est-ce que « c’était mieux avant » ?



Nos premiers chocs amoureux pour des objets de mode, nos premiers désirs sont les plus forts et sont déterminants.

Pouvoir enfin se maquiller, claquer des talons, se colorer les mèches, s’inventer un style au sortir de l’enfance. C’est un magnifique espace de jeu, d’invention et de tentation qui s’ouvre.

Je ne suis pas sûre que les petites filles d’aujourd’hui qui sont déjà over-lookées par leur mères, que ces « Mini Me » connaîtront cette jubilatoire découverte.







La « Parisienne » inspire beaucoup en matière de mode, si tu devais la représenter, comment serait-elle ?



Elle est déjà, sans que je ne l’ai vraiment décidé, incarnée dans mes dessins.

La parisienne aujourd’hui pour moi est plus désordonnée qu’au temps de Gruau ou même de Kiraz, où elle était déjà plus dévergondée mais encore très féminine.

Aujourd’hui elle est un peu plus garçonne dans sa mise, mais elle a ce qu‘il faut de chic, ­ de whizz  et de « chien » (« Cette femme a du chien » disait mon grand père pour parler d’une femme sexy et vaguement androgyne).







Qui sont pour toi les nouvelles ambassadrices de la « Fashion French Touch » ?



L’éternelle Parisienne c’est Inès de la Fressange.

Une nouvelle Parisienne ? Je pense à Adèle Exarchopoulos, parce qu’elle est drôle et libre.



On le sait, la mode est un éternel recommencement. Quel est le truc que tu n’aurais jamais imaginé revenir et qui pourtant est devenu trop hype ?



Le chouchou pour les cheveux, et j’adore que ça revienne !



Qu’est ce qui, selon toi, ne pourra JAMAIS redevenir tendance ?



En mode, tout ce qui a été rejeté un jour réapparait à un moment donné comme un obscur objet de désir c’est en partie le principe de la mode mais il faut juste savoir choisir quand et comment.





Qu’est ce que tu aimerais pouvoir ressortir de tes placards pour le remettre au goût du jour ?


Le pantalon « trompette » de Uma Thurman dans « Pulp Fiction ». On sent qu’il arrive, je suis trop en avance ? Ou bien ?





Quel est le dressing idéal de ton « héroïne »? Les 5 pièces qu’elle doit avoir ?



1/Un beau sweat à dessin placé de paysages ou fleur graphique. (Christopher Kane, Kenzo)

2/ Une bonne jupe à plis vermillon. ( Fendi)

3/Une belle chemise de soie de couleur pastel à petit col. (Céline ou Chloé).

4/La bonne veste du moment, rose poudrée (Stella McCartney)

5/Une jolie robe fleurie et légère ( Valentino.)

Et j’ajouterais un faux col de Vivetta.



Pour toutes ces filles qui n’ont pas les moyens de s’acheter des fringues de créateurs, quel serait ton conseil pour avoir du style sans se ruiner ?



1/Se mettre au tricot et à la couture, aller chiner aux puces et arrêter de consommer ces vêtements cheapissimes et jetables. Qui finissent par encombrer les portants des boutiques vintage et dont on ne sait plus que faire.

2/Faire les soldes

3/Ne pas lésiner sur les chaussures, là il faut dépenser. Il est impératif d’avoir le choix, et qu’elles ne heurtent pas les pieds car rien n’est moins élégant qu’une démarche mal assurée. (Ballerines de Charlotte Olympia, une paire de Pierre Hardy, des boots de Michel Vivien, et, moins chers, des mocassins anglais chez 58m.)

4/ Faire tailler son sac unique en python ou croco par Pierre Rioufol



Et enfin comme je le disais au début , le chic c’est savoir choisir la bonne pièce qui durera plus d’une saison.

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